mardi, 13 mai 2008

Ronger son os

( Décidément je suis en veine ces temps-ci.. )

 

Il y a dans la perte quelque chose qui fait tourner le monde.

 

La peur est une puissante motivation, mais la perte a ce côté sain et purificateur qui la rend unique.

On a peur de tout, de rien et cela nous pousse sans cesse à assumer ou à fuir, à créer ou à oublier.

Mais lorsque l'objet de nos craintes est broyé par la vie, le chaos et le mouvement,

Alors quelque chose se révèle parfois en nous.

 

Souvent, on ne s'en aperçoit même pas.

La douleur oblitère tant jugement et perceptions qu'on ne remarque rien.

Juste qu'on souffre bordel.

 

Pourtant au fond vibre une énergie rare et violente.

Le refus le plus total et le plus catégorique qui soit.

Parce qu'on ne veut pas.

On ne veut pas qu'elle s'en aille comme ça.

On va rester sous sa fenêtre, sous la neige, toute la nuit pour ne serait-ce que l'apercevoir là-bas.

On ne veut pas qu'il finisse ainsi.

On suera sang et eau, prendra sur les épaules la misère du monde pour ça.

On ne veut pas que ça meurt et qu'on revienne dans les rangs.

On va se brûler les ailes au chalumeau, vomir nos entrailles pour eux.

 

Et même si trop souvent la fin est triste et nulle,

Et qu'on a échoué,

Qu'on s'est planté encore davantage,

Qu'on en termine écorché, raclé, étalé,

On a tendu entièrement et absolument vers une seule et unique chose.

Un moment douloureux mais intense,

On n'a été qu'un mouvement.

 

 

Et quand je vois aujourd'hui tout ce que j'ai pu perdre,

 Je ne peux m'empêcher d'attendre bêtement la prochaine.

La chair sous les dents...

 

 

04:23 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

samedi, 10 mai 2008

Masochisme

Le temps passe sans nous épargner.

 

Il y a ces soirs, où le ciel paraît plus loin.

Et la fenêtre où l'on fume sa cigarette est comme cette autre fenêtre,

Sous un ciel immense, liberté et inconnu distillant leur doux poison à l'âme,

Sous un ciel trop lumineux, une promenade sous les yeux, embrasé par la foi et l'amour,

Sous un ciel si familier, des questions et des peines coulant sur les bras,

Sous un ciel orageux, derrière un conservatoire, des mondes plein les yeux,

Ou surplombant une petite place, plus seul que jamais et pourtant jamais plus entouré...

 

 Et ceux-là nous sont comme des jolies plaies,

Lisses et sèches en surface,

Mais dessous toujours la chair pillée,

Chaque souvenir laissant sa trace.

 

Pourtant la douleur n'existe plus.

Non, à la place il y a cette curieuse émotion,

Entre spleen et mélancolie, peine et plaisir,

Si discrète mais si totale, englobant tout ce qu'on a pu être.

 

Le vague à l'âme, pensez iodé.

Une marée, la nuit..

Et ce ciel-là, perdu dans une baie ensablée. Face aux lumières des cités et aux chants des oiseaux de passage.

Et nous perchés sur cette petite cabane, lui et moi.

Sous une pluie d'étoiles, les yeux mouchetés de leurs reflets.

Chaque instant voyant éclore les images et idées qui nous ont forgées.

A confier aux vents nos murmures, nos échanges.

 

Et comme alors, chaque émotion nous brûle l'âme comme le plus âpre des baisers.

Exister est douloureusement bon, quelque part.

 

Et ça ne fait qu'empirer. 

04:09 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note

lundi, 05 mai 2008

Fringale

Dites donc, y'a comme un air de soufre non ?

 

L'sentez pas qui fleure bon les appuis de fenêtre, qui embaume les escaliers ?

 J'suis sûr qu'on aura même parfumé la cuvette avec.

 

Enfin, l'air du temps hein.

 

A l'absent et l'oublié, parole.

 ( Et une clope presque à la fenêtre, j'vous jure c'qu'on ferait pas pour son gamin... )

 

 Elle revient

Maintenant il s'endort contre moi, en m'faisant un calin

Y'a une jolie fille dans le coin

Lui c'est vraiment plus c'que c'était

Les gens, les gens, les gens

 

Qu'ils coulent d'or et d'argent dans chaque instant

Que chaque présence soit un plomb qui enfonce encore le fil de l'ambiance profond

Que c'soit d'illustres inconnus complêtement différents

Sur le net

A un café

Dans la rue

Chez moi

Chez eux aussi

Là-bas

 

J'sais pas trop pourquoi, je m'en rassasie pas.

Avant la solitude avait ses charmes.

Je savais la cultiver, en faire quelques pots que j'pensais à arroser.

Tu parles, sont fanées et mortes.

Et moi j'passe mon temps à fourrer mon nez dans l'autre.

 

 Oh, rien d'bien méchant en soi.

J'épie par ci par là.

L'empathie tourne plein régime, vous pensez.

Même, j'parle un peu parfois maintenant.

Ca r'vient lentement.

J'donne des avis.

Des conseils, z'imaginez !

 On aura tout vu, vraiment.

 

Ca doit être le gamin.

C'est pas possible autrement.

Et puis c'te drôle d'odeur dans l'air.

Un truc un peu braisé là.

Comme du roussi à droite à gauche.

 

Allez comprendre pourquoi, c'est sans doute un peu malsain.

Mais ça m'plait plutôt bien. Ca les rend vivants.

 Pleins d'moches petites saletés.

Suitant d'faux sentiments.

De vrais, de bons autant.

Au moins fragiles comme puissants, tout un chacun.

 

Plus ancrés, plus vibrants.

 

Ce doit être l'été qui s'en vient, hein. 

 

23:20 Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note